Pourquoi un étang est-il envahi par les algues ?
Comprendre, diagnostiquer et rééquilibrer naturellement
Lorsqu’un étang se met à verdir, que des filaments verts apparaissent à la surface ou qu’une odeur désagréable s’en dégage, ce n’est pas simplement un problème esthétique : cela traduit souvent un déséquilibre biologique du milieu aquatique.
Un phénomène naturel… qui peut déraper
Les algues sont des organismes photosynthétiques indispensables : elles produisent de l’oxygène le jour et servent de base alimentaire à de nombreux micro-organismes.
Cependant, lorsque leur biomasse augmente de manière excessive, on parle de bloom algal. Celui-ci résulte le plus souvent de :
• apports excessifs en nutriments (phosphore, azote) provenant de la minéralisation de feuilles
mortes, de déjections animales, de résidus d’engrais ou même de la nourriture en surplus
donnée aux poissons,
• forte irradiance lumineuse (exposition prolongée au soleil),
• faible mouvement de l’eau, qui entraîne une stratification thermique et limite les échanges gazeux avec l’atmosphère.
L’association de ces facteurs déclenche un processus appelé eutrophisation : l’eau devient
surchargée en substances nutritives, ce qui stimule la croissance rapide des algues et de certaines cyanobactéries.
Les impacts écologiques
Un développement algal excessif provoque :
• une consommation importante d’oxygène la nuit (respiration cellulaire), entraînant parfois des asphyxies piscicoles,
• une baisse de diversité biologique (plantes submergées étouffées, disparition d’espèces
sensibles),
• une accumulation de matière organique en décomposition au fond, qui libère méthane,
ammoniac et composés soufrés responsables des mauvaises odeurs
Rééquilibrer l’écosystème
Pour limiter ce phénomène, il convient d’agir à la source :
1. Oxygéner et brasser l’eau
o installation d’un bulleur ou d’une fontaine pour augmenter la saturation en oxygène et
homogénéiser les températures dans la colonne d’eau,
o cela réduit la zone anaérobie au fond et freine la libération de phosphates issus des
sédiments.
2. Introduire des plantes aquatiques concurrentes
o élodées, myriophylles, lentilles d’eau…
o elles absorbent phosphates et nitrates, privant ainsi les algues de leur nourriture.
3. Renforcer la décomposition biologique
o ajout de bactéries spécifiques (Bacterius® 5B, Equinox) capables de dégrader la matière
organique et de réduire la charge nutritive,
o ces micro-organismes transforment les composés azotés toxiques en formes plus stables et assimilables par les plantes.
Lorsque l’invasion est déjà massive
Dans un état avancé, une réduction mécanique de la biomasse algale est parfois nécessaire :
• faucardage (coupe),
• enlèvement manuel ou à l’épuisette,
• curage superficiel des sédiments.
Mais ces actions restent temporaires si le cycle des nutriments n’est pas maîtrisé. L’entretien régulier et le contrôle des apports extérieurs sont donc essentiels
